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Crise de l’euro : nous, le peuple européen

26 août 2012

Par Frédéric Ménager-Aranyi

Secrétaire général de EuroCité, le think tank européen progressiste

Les parois de verre de Francfort

 

Les déclarations de Mario Draghi se disant prêt à tout pour sauver l’Euro posent de manière emblématique la double nature politique et économique de la crise que nous traversons. Il aura donc fallu que le système bloqué s’ouvre de l’intérieur et que les tenants du monétarisme, eux-mêmes, en viennent à contredire leurs principes pour renflouer les banques, pour que le tabou de la monétisation des dettes souveraines vole bien heureusement en éclat. Devenue prêteur en dernier ressort de fait, la banque centrale ne pouvait pas durablement au nom même de l’application de ses principes, condamner durablement la création de masse monétaire pour les Etats et soutenir sans limite les banques.

La déception quant aux précautions soudaines de Mario Draghi a été à la hauteur des espoirs nés de sa déclaration. Cette valse-hésitation n’est pourtant pas surprenante. Elle dénote des contradictions profondes entre, d’une part, les orientations économiques vers lesquelles se dirige l’Union européenne, avec un policy mix restrictif tant au niveau budgétaire que monétaire et, d’autre part, la nécessité pour la BCE de se transformer en prêteur en dernier ressort européen. M. Draghi a donc été obligé, tant vis-à-vis des marchés, que des responsables politiques d’envoyer un véritable ballon-sonde pour tester jusqu’où s’étendait la paroi de verre qui le retient d’adopter « tous les moyens nécessaires pour sauver l’Euro ».

Comme attendu, il a dû effectuer un prudent mouvement de recul, mais l’espace de temps entre son intervention et sa mise en retrait a été suffisant pour montrer que tous les acteurs institutionnels sont prêts, y compris les marchés, pour un enrichissement des missions de la BCE dans le sens d’une politique plus pragmatique.

La cause est donc entendue : la conception souple et pragmatique de François Hollande l’a emporté culturellement en Europe et fait sauter bien des verrous. M. Draghi n’en était pas un des moindres. Cette victoire culturelle s’accompagne cependant d’un statu quo dans les faits qu’il convient d’analyser comme une crise du mécanisme juridique et politique de régulation des rapports entre les acteurs du système européen.

Retrouvez la suite de cet article sur  Le Huffigton Post

From → Tribunes

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  1. Gauche populaire, on y va. « L'Abeille et l'Architecte

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